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Adossée à l'ombre bienfaisante d'un pin je m'abandonne au plaisir de ne penser à rien à tout et à rien, à rien de bien précis en somme
...Au parfum de l'herbe soyeuse qui cède à la pression de mon corps
...Au chaos ordonné des fourmis laborieuses qui courent et virent sans cesse de bords
...Aux zigzaguements de la mouche qui se pose soudain et chatouille gentiment le nu de ma cuisse, agacée je la chasse d'un revers de la main, elle revient traçant dans l'espace de vives esquisses
...Aux vibrations de l'air caressant ma frimousse tout chargé de senteurs, de secrets envolés, mon oreille attentive en capte les mélopées enivrantes comme une drogue douce
...Aux aboiements rauques d'un chien qui déchaînent une cascade d'échos en concert
...Aux pétarades d'un tracteur au loin cahotant sur le chemin de travers
...Au tintement clair d'un obsolète carillon sonnant les heures du temps qui passe, il me rappelle qu'il faut chausser mes godasses pour d'un pas joyeux rentrer à la maison.
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